Pétra, cité antique en Jordanie, est un joyau d’architecture taillé dans la roche, connu pour avoir été construit par les Nabatéens vers le 6e siècle avant Jésus-Christ, même si la cité de Pétra a été créée vers la fin du 8e siècle avant J.-C. par les Édomites.
Protégée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, Pétra, décrite comme l’une des merveilles du monde, est l’un des sites archéologiques les plus célèbres au monde. Ce qui rend la cité nabatéenne unique et exceptionnelle, ce sont les splendeurs géologiques qui se mêlent à la richesse des tombeaux et des temples taillés dans les falaises de grès rose. Pétra vient d’ailleurs du grec ancien πέτρα qui veut dire « rocher ».
Où se trouve Pétra ?
Située en Jordanie, entre la Mer Morte et le golfe d’Aqaba, à 230 km au Sud d’Amman la capitale jordanienne, Pétra est nichée dans la région montagneuse d’Édom.
Jadis située au carrefour des routes commerciales entre l’Orient à l’Occident, Pétra était une halte pour les caravanes chargées d’épices, d’encens et autres marchandises précieuses, d’autant qu’ils y trouvaient de l’eau en abondance.
Aujourd’hui c’est par Wadi Moussa (vallée de Moïse) que l’on accède à Pétra : le parc archéologique de Pétra s’étend sur plus de 260 km², et le site archéologique de la cité nabatéenne s’étend sur près de 10 km² et on y recense quelques 3 000 ruines rupestres, 800 monuments dont 600 tombeaux.
Lors d’un voyage en Jordanie et d’une randonnée en Jordanie, Pétra est une destination incontournable qu’il est possible d’approcher pas des sentiers préservés et non touristiques.
Qui a construit Pétra ?
Les premiers bâtisseurs furent les Édomites
Le royaume d’Édom est un royaume du Proche-Orient ancien qui exista entre le 8e et le 6e siècle avant J.-C. Les Édomites étaient un peuple de nomades qui vivaient sous tentes dans les hauteurs de Umm el-Biyara, montagnes de Jordanie situées au-dessus du site de Pétra. On sait que les Édomites étaient reconnus pour leur fabrication de textiles et céramiques de qualité et qu’ils possédaient une certaine maîtrise du travail des métaux.
À Umm el-Biyara, des vestiges édomites de maisons et de citernes datés de la fin du 8e/début du 7e siècle avant J.-C. ont été retrouvés et on sait que des fortins étaient installés au sommet de promontoires rocheux afin d’assurer la défense du territoire contre les incursions des tribus nomades du désert.
Ainsi, avant d’être le berceau de la civilisation nabatéenne, Pétra était une cité édomite.
Les Nabatéens donnèrent à Pétra toute sa splendeur
Au 6e siècle avant J.-C., les Nabatéens (un peuple arabe commerçant de religion polythéiste qui vivait au sud de la Jordanie et de Canaan et dans le nord de l’Arabie) chassèrent les Édomites de leur terre. Pétra se développa jusqu’à s’étendre sur près de 10 km² et devint la capitale du royaume nabatéen.
En effet, la position stratégique de la cité (au carrefour des routes commerciales) permit aux Nabatéens de prospérer pendant des siècles : ils dominèrent toute la route commerciale caravanière entre l’Égypte, l’Arabie du Sud et la Méditerranée. Par ailleurs, Pétra était parfaitement protégée derrière les contreforts montagneux jalonnés de gorges et de falaises et uniquement accessible par un long et étroit canyon, le Siq.
Les Nabatéens utilisèrent les nombreuses sources d’eau alentours et créèrent un système hydraulique ingénieux et sophistiqué avec des canaux, des citernes et des barrages permettant d’alimenter toute la population en eau potable et assurer l’irrigation des récoltes.
Les Nabatéens ont profondément transformé Pétra. L’apogée de la cité antique, entre le 1er siècle avant et le 1er siècle après J.-C, a vu naître ses monuments les plus emblématiques. À l’époque, entre 20 000 et 30 000 personnes y vivaient. Les Nabatéens se distinguèrent par leur génie architectural exceptionnel dans la taille de la roche : des temples grandioses furent érigés, taillés dans la roche de grès rose, une rangée de tombeaux aux façades richement sculptées fut construite, des jardins en terrasse et des stèles agrémentèrent les rues et des fortins en pierre protégeaient les frontières.
Avec les Nabatéens, Pétra devint le centre urbain, commercial et religieux du royaume.
Vous pouvez regarder les documentaires :
- Histoire et Civilisation : Pourquoi les Nabatéens se sont-ils installés à Pétra ?
- Reconstitution du Passé : Ainsi était la vie dans une maison à Pétra en Jordanie en 100 apr. J.-C
Les Romains
Au début du 2e siècle après Jésus-Christ, en 106, les Romains prirent Pétra aux Nabatéens : la cité devint province romaine dirigée par un gouverneur romain. En 330, Constantin 1er, premier empereur chrétien, déplaça la capitale de l’empire romain de Rome à Byzance, puis à partir de 350, le Christianisme se répandit et de grandes églises furent construites à Pétra.
Fin des années 300, la domination romaine sur Pétra s’effondra. Au 7e siècle, avec la conquête arabe, la cité antique passa sous domination islamique.
La fin de Pétra
En 363, un violent tremblement de terre détruisit la moitié de la cité jordanienne. Puis de nouveaux tremblements de terre se produisirent dans les années 1201-1202.
Le réseau hydraulique qui avait permis à Pétra de prospérer fut profondément endommagé par les secousses sismiques successives : privés de la précieuse gestion de l’eau, les habitants quittèrent peu à peu la cité pour partir s’installer proche de sources d’eau naturelles.
C’est cette rupture dans l’approvisionnement en eau qui explique la lente et inexorable disparition de la ville de Pétra, qui fut finalement totalement abandonnée.
Qui a redécouvert Pétra ?
Pétra est donc en ruine lorsque le pèlerin allemand Thiétmar y entre en 1217. Baybars, sultan mamelouk égyptien, traverse la cité en 1276 et dès lors, elle tombe dans l’oubli le plus total.
La cité reste à l’état de vestiges avant d’être redécouverte en 1812 par Jean Louis Burckhardt, un explorateur suisse. En 1818, l’égyptologue britannique William John Bankes se rend à Pétra et établit quelques croquis. Les débuts des investigations archéologiques sont menés par une équipe française qui présente, dans une publication datée de 1830, la première carte de Pétra et des dessins des monuments de la cité nabatéenne.
Les missions archéologiques internationales s’enchaînent ensuite : l’alphabet nabatéen (dérivé de l’alphabet araméen, à l’origine de l’alphabet arabe) est en partie déchiffré par le savant allemand Eduard Beer en 1840 et en 1888, l’écrivain et grand voyageur anglais Charles Montagu Doughty établit un parallèle entre Pétra et la ville d’Hegra en Arabie, qui s’avérera être également un site exceptionnel de la route de l’encens.
Les joyaux de la cité nabatéenne
À moins que tu n’y viennes, tu ne sauras jamais à quoi ressemble Pétra.
Sache seulement que tant que tu ne l’auras pas vu,
tu n’auras pas la plus petite idée de la beauté que peut revêtir un lieu.
Thomas Edward Lawrence dit Lawrence d’Arabie
Le siq
Le Siq (Al-Siq en arabe veut dire canyon) est un chemin étroit de plus d’1 km de long et profond de 200 mètres qui serpente le long des hautes falaises de grès rose hautes de 80 mètres. Il est l’entrée principale de la cité antique, et mène au Khazneh, le Trésor, dont la façade se dévoile soudainement et magistralement au bout du canyon.
Le Trésor : Khazneh, le Trésor du Pharaon
La construction de Al-Khazneh date du 1er siècle avant J.-C. Le Trésor fut initialement un temple avant d’être converti en un tombeau nabatéen dont la façade, de 40 mètres de haut et 29 mètres de large, a été taillée directement dans le grès.
Ses portiques et ses colonnes sont ornés de figures mythologiques : Castor et Pollux chevauchant un cheval, la Victoire ailée, les Amazones guerrières, la déesse Isis tenant dans sa main une corne d’abondance en signe de fertilité.
Al-Khazneh est aussi surnommée « le trésor du Pharaon » car pendant longtemps, les Bédouins de Jordanie ont cru que l’urne funéraire tout en haut de la façade contenait un considérable trésor.
Le monastère Al-Deir
Al-Deir, le Monastère, a également été construit par les Nabatéens au 1er siècle avant Jésus-Christ. Présentant de fortes ressemblances avec le Trésor Al-Khazneh, il est situé au sommet d’un sentier de 800 marches taillées dans la roche (un peu plus que le nombre de marches pour monter au Mont Sinaï en Égypte !), à plus de 5 km du Trésor, sur une montagne offrant une vue imprenable sur la région.
Sa façade de 45 m de large et 42 m de haut est nettement plus large que celle du Trésor mais moins ornée et une urne funéraire de 9 m de haut est également présente en son sommet.
Al-Deir, le Monastère, est un tombeau qui semble lié à un rite funéraire, probablement celui du roi nabatéen Obodas 1er qui accéda au trône en 96 avant J.-C. Il fut ensuite utilisé comme monastère par les Chrétiens, d’où son nom !
Le théâtre
Le théâtre de Pétra est un amphithéâtre semi-circulaire situé au pied du Haut Lieu du Sacrifice et composé de 7 escaliers et 33 gradins en grande partie taillés dans la roche, pouvant accueillir environ 8 500 spectateurs. C’est l’unique théâtre au monde sculpté dans la roche !
Construit par les Nabatéens puis développé par les Romains, sa taille atteste du fort peuplement de la cité et de son importance en tant que lieu culturel. Avec son acoustique unique, il est un témoignage impressionnant de l’ingéniosité architecturale nabatéenne et romaine.
Les tombeaux royaux de Pétra
Les tombeaux royaux sont une spectaculaire rangée de tombes datées entre le 1er siècle avant. J.-C. et le 2e siècle après J.-C., dont les façades sont richement décorées. Tous étaient fermés par des portes de bois : à Pétra, du temps des Nabatéens, on estime qu’il y avait 25 écoles d’art !
Parmi les plus célèbres tombeaux royaux, citons :
- Le Tombeau de l’urne, appelé ainsi en raison de l’énorme urne sur son fronton : il a été adapté et converti en 446, par les Chrétiens, en église.
- Le Tombeau de la soie : l’aspect raffiné de ses tourbillons de roches colorées sur sa façade explique peut-être son nom.
- Le Tombeau corinthien, dont la partie supérieure rappelle celle du Trésor Al-Khazneh.
- Le Tombeau du Palais, qui possède une façade grandiose à cinq étages.
Le Haut Lieu du Sacrifice
Le Haut Lieu du Sacrifice, sorte de cercle creusé dans la roche, est le lieu où étaient abattues des chèvres lors d’importantes cérémonies religieuses. Depuis le Haut Lieu du Sacrifice, la vue sur l’ensemble du site archéologique est panoramique et imprenable !
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