Voyage en Islande : un voyage en terre d’exception

Un voyage en Islande est un voyage en un pays quasi uniquement d’origine volcanique. D’ailleurs il n’existe aucun autre endroit sur Terre où la surface est composée à plus de 99 % de roches volcaniques.

L’Islande se façonne au gré des nombreuses éruptions volcaniques (en moyenne une éruption tous les quatre ans… voire moins !) dont certaines révolutionnent le paysage.

Un voyage en Islande est un voyage sur une petite île mesurant à peine 550 km d’Est en Ouest et 350 km du Nord au Sud, qui a commencé à se former il y a moins de 20 millions d’années (contre 4,5 milliards d’années pour la planète Terre).

L’Islande est donc une île toute jeune !

Voyage en Islande, une île intégralement volcanique !
Voyage en Islande, une île intégralement volcanique !

L’Islande est située au cœur de l’Océan Atlantique Nord. Son extrémité Nord-Est se situe juste au-dessous du cercle polaire arctique.

Un voyage en Islande est un voyage sur une terre posée sur la dorsale médio-atlantique, c’est à dire à cheval sur deux plaques tectoniques : la plaque Nord-Américaine pour la moitié Ouest de l’Islande, et la plaque Eurasienne pour la moitié. Ces deux plaques tectoniques s’écartent chaque année de quelques centimètres. Donc l’Islande grandit d’autant d’Est en Ouest (environ 2 cm par an) !

Du Sud-Ouest au Nord-Est de l’île, à Þingvellir par exemple, on peut observer à ciel ouvert un rift émergé (une série de fissures parallèles les unes aux autres, là où s’écartent les plaques tectoniques) : c’est l’un des deux endroits au monde où le rift est ainsi visible à l’œil nu…

La présence de ce rift façonne la terre islandaise de manière unique, époustouflante, extra-ordinaire : des failles, des grabens (fossés d’effondrement tectonique), des horsts (soulèvements)…. en Islande, on n’a pas vraiment l’impression sur Terre… on a le sentiment d’être sur une autre planète.

Oui, un voyage en Islande est un voyage en terre d’exception !

Au niveau de la jonction entre les deux plaques, la croûte terrestre se déchire régulièrement : les laves qui jaillissent sous forme d’éruptions volcaniques s’accumulent et finissent par former une chaîne de montagnes appelée dorsale. Ainsi, au fond de l’Océan Atlantique, entre la plaque américaine et la plaque eurasienne on peut observer une vaste chaîne de montagnes, appelée la « dorsale médio-atlantique » qui s’étire sur 15 000 km de long et dont l’unique partie émergée est l’Islande.

Là où émerge l‘Islande, deux phénomènes volcaniques se conjuguent : en cela, l’Islande est totalement unique au monde ! Il existe un volcanisme lié à la formation de la dorsale (volcanisme d’accrétion) et un volcanisme dû à la présence d’un point chaud pile au niveau de l’Islande, situé sous le glacier du Vatnajökull, entre les deux plaques tectoniques (au point chaud, sous terre, les températures sont plus élevées qu’ailleurs, les roches remontent à la surface, percent la croûte terrestre, et la lave jaillit). Ainsi, plus on s’éloigne de la zone du rift, plus les terres sont anciennes.

Voyage en Islande : le Rift s'est déplacé et traverse aujourd'hui l'Islande du Sud-Ouest au Nord-Est
Voyage en Islande : le Rift s’est déplacé et traverse aujourd’hui l’Islande du Sud-Ouest au Nord-Est

Du fait de ces deux phénomènes volcaniques, c’est en Islande que le tiers du volume de magma qui remonte à la surface de la Terre se répand… un tiers du volume sur seulement 103 000 km²… voilà qui explique que la totalité (99 %) de la terre islandaise est composée de roches volcaniques.

Et puis rappelons que comme l’écorce terrestre est soumise à de nombreuses pressions et tensions en Islande, les tremblements de terre sont quotidiens en Islande, même s’ils sont généralement de faible magnitude et rarement au-dessus de magnitude 5 sur l’échelle de Richter ! Regardez le site de l’Institut Météorologue d’Islande qui recense quasi en temps réel les tremblements de terre, c’est édifiant : Icelandic Met Office.

voyage en Islande : une terre de glace unique
Voyage en Islande : une terre de glace unique : Fjallsárlón, langue glaciaire du glacier Fjallsjökull

L’Islande a également ceci de particulier qu’elle est l’une des dernières terres colonisées par l’Homme. Ce n’est apparemment qu’au milieu du 9e siècle que des hommes ont posé leurs pas sur la terre islandaise.

Les premiers écrits relatant l’histoire de l’Islande datent des 13e et 15e siècles : dans Landnámabók, le « Livre de la colonisation » et Íslendingabók, le « Livre des Islandais », il n’est pas toujours aisé de distinguer ce qui relève de légendes, de mythes, ou d’événements historiques… On sait que les Vikings norvégiens se sont installés en Islande vers 870, et qu’à peine soixante ans plus tard, la population en Islande était de 9 000 habitants. Mais il semblerait que des moines ermites irlandais, les papar, aient vécu sur l’île avant l’arrivée des Vikings. C’est aussi cela, le mystère de cette île, palpable lors d’un voyage en Islande.

Et finalement, l’histoire de l’Islande n’est pas tant écrite par les Hommes que par sa géographie et sa géologie uniques : ce sont les incessantes éruptions volcaniques et leurs effets considérables sur le paysage de l’île et ses habitants, qui écrivent l’histoire de l’Islande.

Et cette île n’a sans aucun doute pas encore dévoilé tous ses secrets : à l’été 2021, une équipe internationale de géologues a avancé l’idée qu’un immense continent immergé (entre 600 000 et 1 million de km²) serait situé sous l’Islande : un nouveau continent, immergé, qu’ils ont nommé Icelandia, situé sous la zone Groenland – Islande – Îles Féroé et peut-être même jusqu’à l’Ouest de la Grande-Bretagne.

L’Islande serait la partie émergée de ce continent Icelandia.

Si cela vous intéresse, un article complet est à lire sur le site Futura sciences en cliquant ici.

voyage en Islande : cratère du volcan Hverfjall, dans le Nord de l'île
Voyage en Islande : cratère du volcan Hverfjall, dans le Nord de l’île

Un voyage en Islande c’est aller à la rencontre d’un pays en perpétuelle transformation, en perpétuel mouvement, où les vibrations de la Terre et les sons de ses entrailles n’évoquent rien de connu.

Ici, la puissance de la nature est telle, que depuis la nuit des temps des gens disparaissent dans le paysage sans qu’on ne retrouve jamais leur trace ! Les secrets et les mystères de l’Islande sont dans sa nature. Et c’est peut-être pour négocier avec tout ce mystère que les Vikings ont peuplé cette terre de créatures fantastiques.

En Islande le paysage est habité : nuages, brumes, brouillards… le paysage est changeant, la réalité mouvante, fluctuante et soudain un tas de rochers prend forme humaine ou animale. La frontière entre le monde visible et le monde invisible est poreuse, on n’est jamais sûr de ce que l’on voit, le monde est flou… Chuchotements, frottements inexpliqués, tous les Islandais le savent, il ne faut pas contrarier les Elfes qui vivent sous les rochers. Contes et légendes pensez-vous mais vous vous trompez : la majorité des Islandais croient en l’existence du Huldufólk, le peuple caché des Elfes, Trolls et Lutins…

C’est comme ça, c’est une autre façon d’être au monde, une autre façon d’être dans le monde.

voyage en Islande : une ambiance particulière lorsque le blizzard se lève...
Voyage en Islande : une ambiance particulière lorsque le blizzard se lève… photo non retouchée !

Reykjavík la capitale de l’Islande, située au Sud-Ouest de l’île, est la plus grande ville du pays et la plus petite capitale en Europe. Le tiers des Islandais (140 000) vit aujourd’hui à Reykjavík même, et avec l’agglomération de Reykjavík, ce sont les deux-tiers de la population qui y sont recensés (230 000). Pour autant la densité de population reste peu élevée à Reykjavík (à peine plus de 500 habitants au km²) car la ville est très étendue entre les fjords Kollafjörður au Nord et Skerjafjorður au Sud.

Reykjavík, la « baie des fumées » (vík = baie ; reykja est le génitif pluriel de reykjur = fumée) a été appelée ainsi dans le Landnámabók (le Livre de la colonisation) en référence aux vapeurs d’eau que formaient les très nombreuses sources d’eau chaude au-dessus de la ville. C’est exactement à Reykjavík qu’en 874, emmenés par Ingólfr Arnarson (le premier Viking norvégien à avoir élu résidence en Islande d’après le Landnámabók), les premiers colons s’installèrent en Islande.

Reykjavík est baignée dans l’ambiance toute particulière des villes nordiques et sa situation géographique en fait une ville unique. Le quart de sa superficie est composé d’espaces verts et les points de vue qu’offre la ville sont magiques. Reykjavík est une ville pleine de vie, dynamique, culturellement attractive. Sa population est très jeune. Deux grands festivals de musique ont lieu chaque année : Secret Solstice (the midnight sun festival) en juin, et Iceland Airwaves en octobre. C’est aussi une capitale comme on n’en voit nulle part ailleurs : ici, pas d’enseignes internationales de fast-food ou de cafés, mais que des enseignes locales !

Hallgrimskirkja, « l’église de Hallgrimur » (kirkja = église), en hommage au grand poète islandais Hallgrimur Pétursson (1614-1674), est la cathédrale emblématique de Reykjavík. Quasi cinquante années furent nécessaires à la construction de l’édifice (1937-1986). Œuvre de l’architecte Guðjón Samuellson (1887-1950), qui ne la verra jamais terminée, cette cathédrale est inspirée des orgues basaltiques islandais.

Voyage en Islande : cathédrale Hallgrimskirkja à Reykjavík

Harpa, salle de concerts et centre des congrès de Reykjavík, situé sur le port de Reykjavík, a été inauguré en 2011 (après un arrêt de la construction suite à la crise financière qui toucha l’Islande en 2008 et fut à l’origine de la révolution islandaise, ou révolution des casseroles) : son architecture (structure en acier et façades en verre) et son aménagement sont remarquables.

Le musée Einar Jónsson (célèbre sculpteur islandais) et la National Gallery of Iceland, plus grand musée d’art du pays, font la fierté des Islandais. Cette Gallery est située sur les rives du lac Tjörnin dont la particularité est d’être composé d’eau douce et d’eau de mer. De nombreux oiseaux vivent aux abords du lac, et certains y vivent même au cœur de l’hiver, quand le lac est gelé.

Flâner dans les rues de Reykjavík est vraiment un joli moment à vivre lors d’un voyage en Islande.

Voyage en Islande : Harpa, la salle de concerts et centre des congrès de Reykjavík
Voyage en Islande : Harpa, la salle de concerts et centre des congrès de Reykjavík

Un voyage en Islande, dans le Sud de l’île, est un voyage au pays des cascades démesurées, des glaciers, des orgues basaltiques, des plages de sable noir.

Seljalandsfoss est une chute d’eau de 65 mètres, unique en Islande car on peut se faufiler à l’arrière de la cascade, derrière la chute d’eau (imperméable indispensable !). C’est ici que se jette dans le vide l’eau de la rivière Seljalandsa qui provient de la fonte du glacier Eyjafjallajökull (ce nom vous évoque peut-être quelque chose car le volcan Eyjafjöll, situé sous ce glacier, est entré en éruption volcanique en mars 2010 et a paralysé le trafic aérien international pendant plusieurs jours : des amis du vent avaient dû prolonger d’une semaine leur voyage dans le sud tunisien, ils s’en souviennent sûrement ! L’éruption a duré sept mois…).

Non loin, Skógafoss, la « cascade de la forêt » (skóga = forêt ; foss = cascade : vous allez commencer à faire des progrès en langue islandaise !) nourrit tous les imaginaires : il est dit que dans des temps reculés, un riche fermier a caché sa fortune dans un coffre caché derrière le voile d’eau. De nombreuses personnes se mirent en quête du coffre, en vain, jusqu’au jour où un jeune garçon vit une poignée scellée dans la roche de la falaise. Il tira de toutes ses forces pour libérer le coffre mais elle se cassa.

Cette poignée est aujourd’hui exposée à Skógasafn, le musée de Skógar, fondé en 1949 par Þórður Tómasson, un collectionneur passionné de la vie quotidienne islandaise au Moyen-Âge, décédé en 2022 à l’âge de 101 ans.

Un documentaire a été tourné en 2002 : à défaut de rencontrer Þórður Tómasson lors de votre voyage en Islande, vous pouvez faire sa connaissance en cliquant ici. Le musée dispose aussi d’un site internet : Skógasafn.is

et la grotte creusée par l'Océan tumultueux
Voyage en Islande : les orgues basaltiques de la plage de Reynisfjara et la grotte creusée par l’Océan tumultueux

Les orgues basaltiques de la plage de Reynisfjara ont sans aucun doute été dessinés par le Grand Créateur. Les galets noirs de la plage sont inlassablement polis par l’océan déchaîné et ses tumultes ont patiemment creusé une magnifique grotte dans la falaise d’orgues.

Vous ne pouvez pas manquer la découverte des colonnes de basalte lors d’un voyage en Islande. Le basalte est une roche volcanique qui se forme à partir de magma surchauffé, lorsque celui-ci émerge sous forme de lave lors d’une éruption volcanique. La lave basaltique se refroidit et se contracte très rapidement une fois exposée à l’air à la surface, ce qui provoque sa solidification. En Islande, avec la présence de l’eau de l’Océan Atlantique et des glaciers, le choc thermique est monumental, et la roche volcanique à peine solidifiée craque par le dessus et par le dessous et forme des hexagones de basalte.

Des orgues basaltiques semblables se sont également formés dans le parc national de Skaftafell où une une étonnante et mystérieuse forêt de bouleaux nains se déploie.

C’est le cas aussi à Aldeyjarfoss, remarquable chute d’eau située dans les Hautes Terres du Nord et le long du canyon Stuðlagil situé plus à l’Est.

Voyage en Islande : les orgues basaltiques de Skaftafell
Voyage en Islande : canyon de canyon Stuðlagil et ses superbes orgues basaltiques
Voyage en Islande : canyon de canyon Stuðlagil et ses superbes orgues basaltiques

Le village de Vík í Mýrdal (vík = baie), à l’extrême Sud de l’Islande, est reconnaissable à son église au toit rouge, veillant sur les habitants du haut de son promontoire rocheux, et à sa plage de sable noir classée parmi les « 10 plus belles plages du monde ». L’été, des colonies de macareux moine, superbes oiseaux au bec très coloré, nichent dans les « trolls pétrifiés », les fameux pics rocheux de Vík.

Vík est un incontournable d’un voyage en Islande, dans le Sud de l’île.

Le mot « viking » signifie d’ailleurs « habitants des baies » : les Vikings s’installaient en effet dans les baies, entre mer et montagne, là où, en cas d’attaque venant de la mer, il était facile de fuir vers l’intérieur des terres.

Voyage en Islande : les trolls pétrifiés de Vík
Voyage en Islande : les trolls pétrifiés de Vík

Plus à l’Est, la plage de Fjellsfjara, située à l’extrémité de la lagune glaciaire de Jökulsárlón, est remarquable : déposées sur son sable noir par le puissant fleuve Jökulsá qui se jette dans l’Océan Atlantique, les petites structures de glace arrachées au glacier Breiðamerkurjökull tout proche offrent un véritable tableau d’artiste comme la Nature sait en peindre.

Les icebergs flottent nonchalamment dans l’Océan Atlantique… un décor unique comme seul un voyage en Islande vous offre !

Voyage en Islande : la Jökulsá se jette dans l'océan Atlantique
Voyage en Islande : la Jökulsá se jette dans l’Océan Atlantique

Voyage en Islande : la plage de Fjellsfjara
Voyage en Islande : la plage de Fjellsfjara

La lagune de Jökulsárlón est devenue l’habitat naturel d’une colonie de phoques : ils y vivent toute l’année et en hiver, on peut les observer tout proche de l’Océan Atlantique où ils viennent se restaurer en poissons !

On peut aussi y contempler des sternes arctiques (en été) et des grands labbes (qui nidifient en Islande au mois de juin).

Voyage en Islande : les phoques ont élu domicile dans la lagune glaciaire de Jökulsárlón !
Voyage en Islande : les phoques ont élu domicile dans la lagune glaciaire de Jökulsárlón !

En continuant votre voyage en Islande vers l’Est de l’île, vous entrez dans les fjords de l’Est. Ils s’étendent de Djúpivogur au Sud, jusqu’à Borgarfjörður au Nord : il y en a un peu plus de dix et on est ici au royaume des rennes (les fjords de l’Est sont l’unique région en Islande où vivent des rennes), des renards polaires, et aussi des phoques et des macareux !

Les fjords sont formés par des glaciers qui creusent pendant des millénaires les roches d’origine volcanique. Les fjords de l’Est sont très encaissés, pas très longs, et bordés de hauts reliefs d’une altitude parfois proche de 1100 mètres. Ici l’ambiance est vraiment particulière, souvent mystérieuse, parfois inquiétante quand les nuages sont bas, que les brumes flottantes enveloppent les vallées et que mer et ciel se confondent…

Cette région est aussi le royaume des Álfar (les Elfes). Des légendes islandaises parlent du pouvoir magnétique de certaines montagnes, de phénomènes de magie… une découverte des fjords de l’Est est un temps tout particulier d’un voyage en Islande.

Voyage en Islande : ambiance particulière dans les fjords de l’Est en hiver

Il y a vraiment un goût de « bout du monde » dans les fjords de l’Est.

En hiver, certains ne sont accessibles que par ferry et pour accéder par la route aux fjords ouverts, il faut avant tout s’assurer que la route n° 1 est ouverte… et il n’est pas rare de devoir contourner d’impressionnants éboulis de pierres !

En été, cette région est un havre de quiétude : les randonnées donnent l’impression d’être seul au monde, seul dans un autre monde ! Les sentiers qui mènent à Storurð, situé au pied des splendides montagnes Dyrfjöll, légèrement à l’Ouest de Borgarfjörður, sont époustouflants : petits lacs glaciaires où l’eau est d’un somptueux bleu turquoise, plaines verdoyantes et rivières limpides (eau très froide !), gros rochers volcaniques évoquant Huldufólk, le peuple caché…

Voyage en Islande : village de Seyðisfjörður, dans les fjords de l'Est
Voyage en Islande : village de Seyðisfjörður, dans les fjords de l’Est

Au Nord-Est de l’île, le fleuve Jökulsá á Fjöllum, la « rivière glaciaire des montagnes » est le plus puissant fleuve de l’Islande, et sa puissance est démultipliée par la fonte du glacier Vatnajökull. Il prend sa source dans le Centre-Est de l’île, traverse des déserts de lave sur plus de 200 km puis quitte les Hautes Terres d’Islande et forme Jökulsárgljúfur, un gigantesque canyon de 24 km de longueur, 120 mètres de profondeur et jusqu’à 500 mètres de largeur… dantesque !

Au départ du canyon, les cascades de Selfoss et Dettifoss charrient des quantités impressionnantes d’eau. Dettifoss, la « cascade qui tombe », est la plus emblématique du haut de ses 44 mètres de hauteur. Elle est la chute d’eau la plus puissante d’Europe avec un débit de 200 m³ d’eau par seconde ! Des rapides se forment et d’autres cascades, dont Hafragilsfoss, 27 mètres de hauteur, se succèdent les unes aux autres avant que le fleuve ne se jette au Nord, dans la mer du Groenland.

Voyage en Islande :  Dettifoss au cœur de l'hiver islandais, la chute d'eau la plus puissante d’Europe
Voyage en Islande : Dettifoss au cœur de l’hiver islandais, la chute d’eau la plus puissante d’Europe

Un voyage en Islande dans le Nord de l’île… un des grands coups de cœur de L’Ami du Vent !

Vastes étendues de désert de glace, volcans, champs de lave, cratères, fumerolles, champs de boues sulfuriques de Námaskarð, bouillonnement de la Terre, vibrations étranges… tout ici est hallucinant, sidérant, subjuguant !

On comprend que l’Islande soit nommée « Terre de feu et de glace »…

Au Nord, la région du lac Mývatn, le « lac aux moucherons » (mý = moucherons ou moustiques et vatn = lac), est la région de prédilection pour sentir le volcanisme islandais (en dehors des zones où se déroulent des éruptions volcaniques, comme à Grindavík sur la péninsule de Reykjanes au Sud-Ouest de l’Islande par exemple !).

Le site du volcan Krafla est un incontournable d’un voyage en Islande dans le Nord : il permet de ressentir en profondeur ce que sont le volcanisme et la tectonique des plaques. Krafla est l’un des volcans les plus puissants de l’île, situé sur une immense faille volcanique de plus de 90 km de long et 15 km de large : c’est un volcan fissural. C’est sur le site de Krafla qu’a été construite entre 1974 et 1977 la première centrale géothermique à grande échelle de l’Islande : Kröfluvirkjun, qui produit l’électricité pour toute la région. Pour en apprendre plus sur le volcan Krafla, vous pouvez lire notre article Éruptions volcaniques en Islande.

Le cratère Hverfjall (un volcan explosif qui s’est réveillé il y a plus de 2500 ans), majestueux, est emblématique de la région de Mývatn : il est assez facile de grimper à son sommet et vous serez récompensé par un panorama à couper le souffle sur toute la région du lac.

Voyage en Islande : le volcan Hverfjall vu depuis les châteaux de lave de Dimmuborgir
Voyage en Islande : le volcan Hverfjall vu depuis les châteaux de lave de Dimmuborgir

La région du Nord abrite aussi Góðafoss, la « chute des Dieux » (vous commencez à vous familiariser avec la langue islandaise non ?!), magistrale et assourdissante : la force dantesque de l’eau est ici visible et palpable de très près.

Bref, le Nord de l’Islande regorge de joyaux tous plus somptueux les uns que les autres. En hiver, c’est une région de prédilection pour les aurores boréales, et l’été, les baleines se prélassent souvent dans le fjord d’Akureyri, baigné dans l’ambiance et la lumière toutes particulières des longues journées d’été, quand le soleil de minuit s’attarde au-dessus de la ligne d’horizon…

Voyage en Islande : Góðafoss, la chute des Dieux
Voyage en Islande : Góðafoss, la chute des Dieux
Voyage en Islande : aurore boréale dans le fjord Eyjafjörður

Un voyage en Islande qui vous mène au Nord-Ouest de l’île, dans les Vestfirðir, les « fjords de l’Ouest », est une découverte d’une région isolée qui n’est reliée au reste de l’île que par un isthme d’à peine 7 km de large et qui n’est même pas traversée par la route n° 1, la principale route de l’Islande !

Parfois hostile, sauvage et très peu peuplée (0,7 habitant au km² et 40 % de la population des Vestfirðir vit à Ísafjörður, unique ville de la péninsule), cette région est quasiment inaccessible en hiver (les habitants sont très souvent contraints d’utiliser bateau ou avion s’ils souhaitent se déplacer dans les fjords durant les 6 mois que durent l’hiver) en raison de la rudesse du climat (c’est la région la plus froide de l’Islande).

Les Vestfirðir ont été rapidement colonisés par les Vikings norvégiens mais du fait du climat très rigoureux, il faudra attendre le 19e siècle pour que des pêcheurs (danois, français et britanniques) s’installent dans la région et participent à son développement économique. Les premiers chalutiers islandais ont été construits à Isafjördur.

C’est, avec les fjords de l’Est, les deux régions les plus anciennes de l’île, d’un point de vue géologique : entre 3 et 16 millions d’années ! Plus aucun volcan n’est actif dans les Vestfirðir, mais les sources d’eau chaude témoignent encore de l’activité géologique.

On compte ici plus d’une trentaine de fjords dont les deux plus grands sont Ísafjarðardjúp, le « profond fjord glacé », long de plus de 60 km et large de 10 à 15 km et Arnarfjörður (30 km de long et 10 km de large). Ils sont globalement plus profonds que les fjords de l’Est.

Les fjords de l’Ouest constituent presque la moitié du littoral de l’Islande pour seulement 10 % de la superficie de l’île !

La plupart des montagnes de l’Ouest sont aplanies à leur sommet, avec des façades très raides. Elles ne sont pas très hautes (contrairement aux montagnes des fjords de l’Est) : entre 600 et 800 mètres d’altitude en moyenne. Le point culminant des fjords de l’Ouest est la montagne Kaldbakur (998 mètres) et on remarque aussi Drangajökull, le « glacier des aiguilles » qui culmine à 925 mètres.

Hornstrandir, située à l’extrême Nord-Ouest, est une réserve naturelle d’une exceptionnelle biodiversité en Islande. Renards polaires (unique espèce endémique de l’île), oiseaux de mer, phoques… peuplent cette péninsule difficile d’accès. On y dénombre plus de 270 espèces de fougères et plantes à fleurs, dont certaines sont vraiment très rares.

Les fjords de l’Ouest sont la région de prédilection pour la reproduction de nombreux oiseaux : macareux moines, fous de bassan, guillemots s’installent en colonies en été, dans la réserve naturelle de Hornstrandir au Nord et sur la falaise Látrabjarg au Sud, la plus grande falaise d’oiseaux d’Europe (440 mètres de haut). Cette falaise est d’une importance extrême pour les pingouins torda (appelés aussi petits pingouins) car c’est ici que plus de 40 % des pingouins torda du monde nichent. 

Une autre particularité remarquable d’un voyage en Islande dans les fjords de l’Ouest est que vous rencontrerez l’unique plage de sable doré de toute l’Islande : la plage de Rauðisandur. Le sable se pare de tonalités fauves, oranges, rosées : une singularité dans ce pays quasiment exclusivement volcanique !

Voyage en Islande, un macareux moine, oiseau emblématique de l'île !
Voyage en Islande, un macareux moine, oiseau emblématique de l’île !

Lors d’un voyage en Islande, dans l’Ouest de l’île, accordez-vous quelques jours à Snaefellsnes, la « péninsule de Snæfell » (snæ = neige ; fell = montagne). Assez méconnue, très sauvage, cette péninsule est un véritable enchantement.

Kirkjufell, la « montagne église » doit son nom à sa forme particulière en forme de pyramide, qui, vue depuis la cascade Kirkjufellsfoss, évoque un triangle quasi parfait (c’est la montagne en forme de pointe de flèche évoquée dans Game of Thrones !).

Le stratovolcan Snæfellsjökull, qui culmine à 1446 mètres, est le gigantesque et incontournable « phare » de cette péninsule. Il était le repère naturel des Vikings lorsqu’ils étaient en mer. C’est l’un des sept points les plus magnétiques du monde, et vous le connaissez d’une certaine manière car Jules Vernes a situé l’entrée de son « Voyage au centre de la Terre » quelque part sur le Snæfellsjökull !

Voyage en Islande : le volcan Snæfellsjökull de la péninsule du Snaefellsnes
Voyage en Islande : le volcan Snæfellsjökull et Búðarkirkja, à Snaefellsnes

Avec le volcan Snæfellsjökull en toile de fond, au cœur d’un champ de lave, Djúpalónssandur est une somptueuse plage de galets noirs polis par l’océan. Un peu plus loin se cache Búðarkirkja, une église traditionnelle en bois noir. Elle est l’un des lieux préférés des islandais qui se marient.

Voyage en Islande : Djúpalónssandur, plage de galets noirs de Snaefellsnes
Voyage en Islande : Búðarkirkja sur la péninsule du Snaefellsnes
Voyage en Islande : Búðarkirkja sur Snaefellsnes, la péninsule du Snaefell

L’Islande, comme tout pays nordique, est aussi le pays des fameux bains chauds !

Il y a plus de 120 piscines municipales chauffées en Islande (pour 300 000 habitants !). Dans la quasi majorité des piscines, c’est grâce à la géothermie que l’eau est chauffée. En Islande, on compte aussi plus d’une quinzaines de bains chauds, dans des cadres naturels magnifiques, et aussi des rivières et des sources géothermiques.

Les bains chauds islandais ont ceci de particulier qu’ils offrent chacun des eaux aux vertus et bienfaits spécifiques : c’est la richesse des sous-sols volcaniques qui minéralisent les eaux qui sont, selon la localisation, plutôt riches en sels naturels, en silice, en soufre…

Les propriétés naturelles des eaux et le fait qu’elles soient en permanence naturellement renouvelées dans les bains chauds, permet de n’utiliser aucun produit chimique pour garantir la qualité des eaux dans les bains chauds. Pour autant, avant d’entrer dans les bains, il est obligatoire de prendre une douche tout nu, et de se savonner de partout !

Dans les bains chauds islandais, il y a toujours un « hot spot » (ou « hot spring ») : un petit bassin avec une eau bien chaude (entre 37° et 42°C).

Au cours d’un voyage en Islande, prenez le temps de vous immerger dans les eaux chaudes de l’île : ce sera à coup sûr un moment délicieux ! Particulièrement en hiver, quand il fait très très froid dehors et que tout est glacé de partout…

L’Ami du Vent a un petit faible pour les bains Jarðböðin près de Mývatn. Ils sont situés dans un environnement sauvage et magnifique. L’eau de ces bains est riche en silice et d’un beau bleu laiteux. Le vendredi soir c’est le lieu de rendez-vous des Islandais : ils viennent y passer plusieurs heures et papotent ensemble dans l’eau, un régal… et un bon moyen de tester vos connaissances en langue islandaise !

Dans le Nord, il y a aussi les bains chauds Forest Lagoon à Akureyri, au creux d’une petite forêt de conifères.

On ne peut pas ne pas évoquer le Blue Lagoon à 50 km au Sud-Ouest de Reykjavík, les sources chaudes les plus célèbres de l’Islande. C’est en fait un lac artificiel créé à partir du surplus des eaux de captage de la centrale géothermique de Svartsengi. Les bassins sont très grands et les eaux naturellement riches en silice, sels minéraux et algues marines. Le Blue Lagoon est cependant un peu victime de sa célébrité : l’entrée y est très chère et la fréquentation vraiment importante. À noter aussi que depuis décembre 2023 et les éruptions volcaniques dans le secteur, le Blue Lagoon est régulièrement fermé.

Comme bassin naturel d’eau chaude, le cratère Viti du volcan Askja est remarquable. Askja est un volcan situé dans le Centre-Est du pays sur les hauts plateaux entre le Nord du glacier Vatnajökull et Mývatn. Il se situe dans le désert de lave Ódáðahraun qui est le plus vaste champ de lave au monde (3000 km²) et culmine à 1515 mètres d’altitude. Il n’est donc pas accessible en hiver ! En été, après de longues heures de piste puis quelques kilomètres de marche, on atteint le cratère Viti : la température extérieure dépasse rarement les 10 ° (même en été !) et se fondre dans l’eau du lac du cratère à 25° est un enchantement (avec l’odeur du soufre de surcroît !).

L’été, un voyage en Islande où vous souhaitez randonner passe forcément par le Landmannalaugar, les « bains chauds des gens du pays », région connue en Islande pour être un paradis pour les marcheurs tant les paysages sont époustouflants (en été seulement car ces terres intérieures sont inaccessibles les mois d’hiver). La rivière d’eau chaude offre une source d’eau à 40° dans laquelle on peut facilement se délasser.

Voyage en Islande : le bassin naturel d'eau chaude de Hveravellir
Voyage en Islande : le bassin naturel d’eau chaude de Hveravellir

Dans les Hautes Terres islandaises, entre les glaciers Langjökull et Hofsjökull, Hveravellir (hver = source chaude ; vellir = plaine) est une zone foisonnante de petits geysers, fumerolles et sources chaudes. On y trouve en particulier une petite « piscine » géothermale naturelle unique en Islande (on peut s’y baigner à une vingtaine de personnes quand même !).

Lors d’un voyage en Islande, il est aussi possible de se baigner dans de l’eau froide, voire très froide ! Lacs et rivières sont nombreux en Islande, et l’eau est souvent en dessous de 8 degrés, même au cœur de l’été islandais !

Voyage en Islande : le Landmannalaugar, le paradis des marcheurs !
Voyage en Islande : le Landmannalaugar, le paradis des marcheurs !

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