Éruptions volcaniques en Islande

Comme décrit dans l’article Voyage en Islande, l’Islande est située sur la dorsale médio-atlantique et sur un point chaud. Le volcanisme en Islande est donc très actif. En moyenne, l’Islande connaît une éruption volcanique tous les 4 à 5 ans. Certaines peuvent être très puissantes et remodeler totalement le paysage, voire modifier la démographie de l’île.

En Islande, le 8 juin 1783, débuta l’une des éruptions volcaniques gravées dans toutes les mémoires : l’éruption des Lakagígar, les « cratères du Laki », communément appelée l’éruption du Laki. Le Laki est un volcan situé au Sud de l’Islande, entre les glaciers Mýrdalsjökull et Vatnajökull.

Il s’agit en fait d’une série d’éruptions volcaniques qui durèrent 9 mois, et bouleversèrent totalement le paysage et la démographie islandaise. Elles eurent aussi des conséquences dans toute l’Europe.

Une fissure de 25 km de long s’est ouverte et plus de cent bouches volcaniques se sont formées. Les Lakagígar sont donc un ensemble de 130 cratères volcaniques alignés le long de la fissure ouverte de part et d’autre du volcan Laki. Lors de ces éruptions volcaniques, ce sont plus de 10 km³ de lave qui se sont déversés dans la plaine jusqu’à la mer, sur une surface de 550 km² (pour vous faire une idée, cela représente 5 fois la surface de Paris !).

Cette série d’éruptions volcaniques s’accompagna d’une énorme émission de gaz (sulfates) et de cendres qui a contamina une grande partie des pâturages de l’île. En conséquence, ce sont 80 % du cheptel ovin, 50 % des bovins et 50 % des chevaux islandais qui périrent. La famine catastrophique qui s’en suivie tua 21% de la population islandaise de l’époque (plus de 10 000 Islandais moururent).

À la différence de l’éruption du volcan Eyjafjöll au printemps 2010 (voir plus bas), le Laki projeta les trois quarts de ses gaz dans la couche inférieure de l’atmosphère où circulent justement les pluies, les nuages et les vents de surface. Ainsi, poussé par les vents, le nuage volcanique atteignit l’Europe continentale quelques jours après le début de l’éruption volcanique, et quelque semaines plus tard, c’est en Asie et en Amérique du Nord que des brouillards denses et des pluies de cendre furent observés.

En France par exemple, les conséquences climatiques furent catastrophiques : il a gelé jusqu’à la fin du mois de juin, ce qui a provoqua des récoltes désastreuses et donc des famines, tout ceci 5 ans avant la Révolution française… de là à attribuer, comme certaines le pensent, au volcan islandais le déclenchement de la Révolution… ?

Les éruptions volcaniques du Laki en 1783 furent appelées Skaftáreldar par les Islandais, les « feux de Skaftá » (reldar = feux ; Skaftá est un fleuve dont le cours traverse et longe la coulée de lave de l’éruption du Laki), et elles figurent parmi les plus grandes éruptions volcaniques de toute l’Histoire.

éruptions volcaniques en Islande : champs de lave du Laki
éruptions volcaniques en Islande : champs de lave du Laki

Parmi les éruptions volcaniques mémorables en Islande, il y eut l’éruption volcanique sous-marine du 10 novembre 1963.

Elle dura 4 années et donna naissance à une nouvelle île au Sud de Vestmannæyjar (l’archipel des îles Vestmann) : l’île de Surtsey, située à une trentaine de kilomètres de la côte Sud de l’Islande. L’île de Surtsey est ainsi la plus jeune île de la planète Terre !

L’éruption volcanique se déclencha à 130 mètres de profondeur sous l’océan : un cône volcanique commença à se former et le 14 novembre il atteignit la surface de l’eau. En même temps qu’une colonne de vapeur et de cendre montait jusqu’à 10 000 mètres d’altitude, l’île de Surtsey voyait le jour et s’élevait de plus en plus au dessus de l’océan.

Aux mois de février et avril de l’année 1964, l’activité sous-marine faisait place à une activité volcanique aérienne : des fontaines de lave se formaient. S’en suivirent trois mois d’accalmie puis les éruptions volcaniques aériennes reprirent en juillet 1964 et durèrent jusqu’en mai 1965 avec de nombreuses coulées de lave. De nouveau l’activité volcanique se calma, mais reprit de août à novembre 1966.

Ainsi, à la fin de ces éruptions volcaniques, la superficie de l’île de Surtsey était de 2,65 km² et elle culminait à 173 mètres d’altitude. Mais en raison de l’érosion due aux vents et aux vagues, au fil des années, la roche s’éroda et aujourd’hui l’île de Surtsey ne mesure plus que 1,41 km² et a aussi perdu quelques mètres d’altitude.

L’île de Surtsey est protégée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008 (Unesco, île de Sursey), et seuls les scientifiques peuvent s’y rendre afin d’étudier l’apparition de la vie animale et végétale sur une terre vierge.

Les archives de l’INA valent vraiment la peine d’être regardées : La naissance incroyable de l’île Surtsey en Islande après une éruption volcanique.

Un reportage Radio Canada est également très intéressant pour découvrir comment la faune et la flore se développent à Surtsey : Découverte de l’île de Sursey.

En janvier 1973, à Heimaey, plus grand port d’Islande et seule île habitée de l’archipel des Vestmann, Eldfell, un nouveau volcan, vit le jour lors de son unique éruption volcanique. Des fontaines de lave jaillirent soudainement dans la nuit à plusieurs centaines de mètres de hauteur depuis une fissure située au plus proche des habitations.

En urgence les 5200 habitants furent évacués par chalutiers et avion. Les coulées de lave menaçaient d’obstruer le port : les Islandais ont alors ingénieusement déversé de l’eau de mer pompée et au bout de 3 semaines, ils réussirent à figer la lave et stopper la coulée, avant qu’elle n’atteigne l’entrée du port. A la fin de l’éruption volcanique, 5 mois plus tard, l’île de Heimaey s’était agrandie de 2,2 km².

Située exactement sur le rift médio-atlantique, la zone de Krafla et l’une des plus actives de l’Islande, avec une chambre magmatique tout proche de la surface (2 km sous terre). La caldeira s’étend sur quasi 10 km, et abrite de nombreux volcans, cratères et champs de lave. Une imposante usine de géothermie est installée sur le site depuis les années 1975 : elle alimente en électricité le Nord de l’île. De 1724 à 1729, Krafla connut un épisode volcano-tectonique majeur, avec en particulier la formation du cratère Víti.

Entre 1975 et 1984, « les feux de Krafla », période de grande activité volcanique, ont vu une éruption volcanique fissurale provoquer une coulée de 19 km d’une épaisseur de 8 mètres par endroits allant jusqu’à provoquer l’affaissement de certains sols de 2 à 3 mètres ! Les champs de lave de Krafla fument encore aujourd’hui !

On se souvient qu’en mars 2010, l’éruption volcanique du volcan Eyjafjöll, situé sous le glacier Eyjafjallajökull au Sud de l’Islande, avait totalement paralysé l’espace aérien pendant une semaine. Plus récemment, en 2021 et 2022, c’est dans la péninsule des Reykjanès, à la pointe Sud-Ouest de l’Islande, que le volcan Fagradalsfjall est entré en éruption. En novembre 2023, la ville de Grindavík a été évacuée par précaution. Ici, une première éruption volcanique a eu lieu en juillet 2023 à l’est du mont Sýlingarfell, puis une seconde en décembre 2023, et la troisième éruption volcanique en février 2024 a fortement endommagé la ville de Grindavík.

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