Le peuple marocain

Le peuple marocain est une véritable mosaïque, riche et colorée, dont l’héritage est unique !

Deux tiers des Marocains sont des Imazighen ou Amazigh, plus communément appelés Berbères. Les Berbères sont la population originelle du Maroc, qui s’est ensuite enrichie d’une population arabe suite aux diverses conquêtes islamiques.

Les randonnées au Maroc se déroulent principalement au cœur du territoire berbère.

Les Berbères représentent le groupement humain le plus important du Maroc. Ils auraient peuplé le Maghreb dès la fin de la préhistoire et ont été les premiers sédentaires du pays. Les Berbères, ou Amazigh, disposent d’une langue propre, l’Amazighe (ou tamazight) et d’une écriture particulière, le tifinagh. Au nord (sur la côte méditerranéenne), les Rifains parlent la tarifit, les tribus de l’Atlas parlent le tamazight et au sud, les gens du Souss parlent la tachelhit (aussi appelée chleuh en français).

Peuple marocain

Un tiers du peuple marocain est d’origine arabe. Ils peuplent différentes régions : la côte Ouest du Maroc, d’Essaouira à Tanger, une zone située au sud de la côte méditerranéenne, entre le Rif et Fès, et la zone Est du Maroc, frontalière de l’Algérie. Les randonnées au Maroc, bien qu’elles se situent principalement en région berbère, sont l’occasion de découvrir toute la diversité du peuple marocain.

A l’extrême Sud du Maroc, se trouve le Sahara occidental, une zone où les randonnées chamelières sont inenvisageables.

C’est un vaste territoire quasi désertique de 266 000 km2 où vivent environ 653 000 personnes qui se répartissent entre les Sahraouis (43%), les Berbères (Tekna, Réguibat et Izarguiens) et les Marocains.

77% de la population du Sahara occidental parlent l’arabe hassanya. Le berbère tchelhit est parlé par 19,7% de la population et l’arabe marocain par 1,4 % de la population.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé par le Maroc après le départ des Espagnols en 1975, alors qu’en 1976 le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, l’a déclaré indépendant et nommé République Arabe Sahraouie Démocratique. Concrètement, le Maroc contrôle et administre environ 80 % du territoire, tandis que le Front Polisario contrôle les 20 % restants. Au jour d’aujourd’hui, le statut du Sahara occidental, qui figure toujours sur la liste des « territoires non autonomes » de l’ONU depuis 1963 (c’est-à-dire un territoire dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes), n’est toujours pas déterminé.

Peuple marocain

Mais revenons un peu sur l’histoire de la conquête musulmane au Maghreb, pour mieux comprendre le peuple marocain d’aujourd’hui.

Habité dès la préhistoire (des vestiges paléolithiques datant d’environ 10000 ans en attestent), le Maroc a connu, comme beaucoup de pays du Maghreb, de multiples influences et peuplements : Berbères, phéniciens, carthaginois, romains, vandales, byzantins et arabes.

D’abord sous domination carthaginoise puis romaine, le peuple marocain a commencé à s’islamiser au début du 7e siècle, mais les grandes tribus berbères, qui avaient déjà résisté aux invasions byzantines et romaines repoussèrent une première expédition musulmane menée en 681 par Oqba ibn Nafi de la dynastie des Omeyyades et ce n’est qu’au début du 8e siècle que le général Musa ibn Nusayr, grand chef militaire et figure de la conquête musulmane du Maghreb, réussit à relativement soumettre les Berbères.

En effet, de tous temps les Berbères sont entrés en résistance contre l’arabisation et l’islamisation et c’est seulement à partir du milieu du 8e siècle, que le peuple berbère s’islamisa réellement, mais l’arabisation fut toujours écartée.

Pendant encore une cinquantaine d’années, les tribus berbères conservèrent le contrôle de leur territoire, et ce n’est qu’avec l’arrivée de Idris 1er que fut fondée la dynastie arabe des Idrissides (790-975) : les tribus et territoires berbères furent alors unifiés et Idris 1er reconnu guide politique et spirituel.

La ville de Fès fut fondée à la fin du 8e siècle et Idriss II en fit un centre religieux et intellectuel de première importance.

Le déclin du royaume Idrisside commença à la mort d’Idris II, dans les années 830.

Après cette période d’islamisation des Berbères, et jusqu’au 16e siècle, se succédèrent plusieurs dynasties berbères.

Au 9e siècle apparurent les Almoravides : Berbères islamisés du désert du Sud du Maroc, ils se lancèrent à la conquête du Maghreb. C’est sous la direction de Youssouf ibn Tachfine, premier sultan de la dynastie des Almoravides, né dans le Sahara occidental au début du 11e siècle, qu’ils conquirent le Maroc et formèrent un empire allant de l’actuel Mauritanie à l’Espagne musulmane, englobant l’Ouest de l’Algérie, le Sahara occidental et le Maroc.

Marrakech fut fondée en 1062 et érigée en capitale de l’empire almoravide.

Dans la première moitié du 12e siècle, la dynastie des Almohades, issue des tribus berbères de l’Anti-Atlas, installa quant à elle son autorité sur l’actuelle Algérie, la Tunisie, la Libye, une partie du Portugal et de l’Espagne.

Au début du 13e siècle, en 1212, lors de la bataille de Las Navas de Tolosa en Espagne, les armées chrétiennes battirent les armées musulmanes. Cette défaite marqua d’une part le début du déclin de la dynastie des Almohades et de l’Espagne musulmane, et d’autre part le soulèvement des Mérinides, dynastie berbère qui prit Marrakech et le pouvoir en 1269 et déclara Fès comme capitale de leur empire. Jusqu’en 1465 ils fixèrent leur pouvoir sur le Maghreb et la côte andalouse. A partir de 1360, la dynastie mérinide entra dans une période de grandes querelles de succession. De 1420 à 1465, ils survirèrent sous la tutelle de la dynastie des Wattasides, qui s’empara de Fès et finit par les remplacer totalement en 1472.

Les Espagnols et les Portugais commencèrent leur avancée vers le Maghreb et s’emparèrent des côtes méditerranéenne et atlantique de l’Afrique du Nord.

La réaction des Saadiens, descendants du Prophète et installés au cœur du Sahara ne se fit pas attendre : cette dynastie chérifienne engagea une guerre sainte contre les Portugais qu’elle chassa d’Agadir en 1541 puis elle chassa également la dynastie des Wattassides. En 1554, les Saadiens prirent Fès et installèrent ainsi la dynastie chérifienne au Maroc.

L’illustre sultan Ahmad al-Mansur, né à Fès en 1549, s’opposa aux Turcs, maîtres en Algérie et Tunisie, et rétablit l’ordre au Maroc

Le règne du sultan Ahmad al-Mansur (de 1578 à 1603) fut synonyme de grand développement de l’agriculture marocaine (vastes plantations de canne à sucre), et de somptueux édifices religieux furent érigés (dont les fameux tombeaux Saadiens, situés en plein centre de Marrakech). Ce fut une période de grande renaissance culturelle et artistique au Maroc, notamment à Marrakech.

Après la mort du sultan Ahmad al-Mansur, le Maroc fut de nouveau partagé par les puissances locales, parmi lesquelles figure celle des chérifs alaouites aux portes du désert. S’appuyant sur le désir d’indépendance des habitants de la région, ils s’imaginèrent naturellement prétendants au trône, et en 1664, Moulay Rachid fonda la dynastie des Alaouites, qui règne encore aujourd’hui sur le Maroc.

C’est sous le règne de Moulay Ismaïl (1672-1727), bâtisseur de Meknès et monarque marocain le plus célèbre en Occident que la dynastie alaouite connut son apogée. Moulay Ismaïl s’engagea dans la reconquête du pays sur les chrétiens (Espagnols et Portugais occupant des ports) et mena la lutte contre les Ottomans. Son règne fut suivi d’une longue période de rivalités familiales, ponctuées de brefs intermèdes de paix et prospérité. Vers la fin du XVIIIe siècle, l’état d’affaiblissement du royaume chérifien fut alors la grande tentation des puissances européennes qui cherchaient à étendre leurs colonies.

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