Flore et végétation du Sahara, la magie de la Vie…

Une randonnée chamelière dans le désert est l’occasion de se laisser surprendre par la flore et végétation du Sahara et découvrir certaines espèces de plantes des milieux désertiques

L’eau est peu abondante dans le désert du Sahara et les écosystèmes sont très fragiles.

Pour autant, les espèces animales et végétales endémiques se sont adaptées à leur environnement pour vivre dans ce milieu saharien aride qui peut paraître hostile pour le monde du Vivant : petites feuilles épaisses ou épines pour réduire au maximum les pertes en eau par évaporation, racines profondes pour puiser dans les couches profondes du sol, donc les plus humides… la magie de la Vie, et l’intelligence de la flore et végétation du Sahara sont pures merveilles.

Les pluies sont rares dans les zones désertiques du Sahara, en une nuit, des graines restées en attente depuis des années peuvent germer, couvrant ainsi des plateaux nus et arides de fleurs éphémères et multicolores : un enchantement pour les yeux et le cœur !

Flore et végétation du Sahara : il suffit d'un peu d'humidité pour que jaillissent une myriade de fleurs !
Flore et végétation du Sahara : il suffit d’un peu d’humidité pour que jaillissent une myriade de fleurs !

Le palmier-dattier est l’arbre roi du désert. Il va chercher l’eau très profondément, vit environ 200 ans et porte des dattes dès 5 ou 6 ans. Sa production peut atteindre 100 kg de dattes par arbre. Son épais feuillage favorise la culture en étages car l’ombre du dattier protège les arbres fruitiers, qui eux-mêmes protègent les cultures maraîchères.

Dans les oasis habitées par l’Homme, comme il en existe au Maroc, en Mauritanie et dans le Sahara algérien par exemple, le palmier-dattier est essentiel à la vie des oasiens.

Les dattes sont un aliment très énergétique, riche en minéraux, fibres, glucides…

Les troncs des palmiers sont utilisés dans la fabrication des poutres, palissades contre l’avancée du désert et l’invasion du sable…

Le feuillage est utilisé pour fabriquer des paniers, des cordes, des nattes, etc.

En Mauritanie, la récolte des dattes a lieu en juillet-août et est l’occasion pour le peuple maure d’une grande fête annuelle : la guetna.

Au cœur du grand désert tunisien, dans le creux des ergs (désert de dunes), il est possible parfois de croiser des palmiers tout ébouriffés : preuve qu’il y a de l’eau, cachée profondément dans les profondeurs des sables.

Flore et végétation du Sahara : la palmier-dattier, l'arbre roi du désert
Flore et végétation du Sahara : la palmier-dattier, l’arbre roi du désert

Les acacias et les tamaris s’observent naturellement dans le lit des oueds (rivières) et sont à peu près les seuls arbres qui peuplent le désert du Sahara. Leurs feuilles vertes sont très petites, leurs racines très longues : ils sont ainsi capables de puiser l’humidité qui se trouve très en profondeur dans le sol. Dans toute l’Afrique on dénombre plus de 150 espèces d’acacias. Dans le désert du Sahara, ce sont principalement l’acacia gummifera, l’acacia ehrenbergiana et l’acacia raddiana que l’on trouve le plus.

L’acacia raddiana est peut-être le plus emblématique des acacias du désert. On le rencontre au Maroc, en Mauritanie, en Algérie, sous forme de buisson, d’arbuste ou d’arbre, sa hauteur variant d’à peine plus d’un mètre à… une vingtaine de mètres !

Il est tout à fait reconnaissable à sa cime aplatie et étalée qui lui vaut d’être appelé le parasol du désert.

L’acacia raddiana produit des petites gousses qui ressemblent à des beaux haricots spiralés. Les graines contenues dans ces gousses sont un festin pour les animaux de la faune du Sahara : riches en protéines, elles sont d’un apport nutritif merveilleux.

Flore et végétation du Sahara : l'acacia raddiana, un régal pour les animaux du Sahara !
Flore et végétation du Sahara : l’acacia raddiana, un régal pour les animaux du Sahara !

Le Tamari (Tamarix aphylla) est l’arbre le plus répandu dans les vastes étendues de sable du désert du Sahara. Il s’y déploie sous forme d’arbuste touffu pouvant atteindre jusqu’à cinq mètres de hauteur. Ses racines sont très souples et extrêmement longues. Il est d’ailleurs fréquent dans le désert d’observer des sortes d’épis de maïs (qui nous font penser aux jacinthes) sortant du sable et donnant des fleurs de couleur jaune : ce sont des racines de Tamaris.

Au printemps le Tamari se pare de fleurs de couleur rose ou blanche.

Son feuillage vert est caduc, ses petites feuilles ressemblent à celles des conifères : elles sont écailleuses afin de recueillir le maximum d’humidité. Ses fruits sont en forme de capsules contenant des graines à poils.

Flore et végétation du Sahara : le Tamari, l'arbre le plus répandu dans les vastes étendues de sable du désert
Flore et végétation du Sahara : le Tamari, l’arbre le plus répandu dans les vastes étendues de sable du désert

Le Pommier de Sodome (Calotropis procera) est un arbuste très toxique et très commun dans les zones arides d’Afrique : on le trouve dans le Sud du Maroc, en Mauritanie, dans le Sud algérien, au Niger, etc.

Les Touaregs l’appellent « Toumfafia » et les Berbères marocains « Tourza ».

La taille moyenne du Pommier de Sodome est de deux mètres de hauteur, mais il peut atteindre 6 mètres de haut. Il est reconnaissable à son tronc recouvert d’une écorce ambrée et à ses feuilles très grandes (jusqu’à 30 cm) qui sont duveteuses lorsqu’elles sont toutes jeunes.

Dès que l’on casse n’importe quelle partie du Pommier de Sodome, un latex blanc apparaît : il est toxique pour les muqueuses des animaux comme des êtres humains. C’est comme ça que l’arbre se protège : il est immangeable !

Au printemps, une multitude d’insectes abondent sur les feuilles qui libèrent alors un suintement clair et brillant, plus ou moins visqueux, qui se dépose d’abord sur les feuilles puis forme un dépôt de grains de sucre au pied de l’arbre. Ces grains font le bonheur (bonbons naturels !) des enfants des zones désertiques et servent également à sucrer le thé.

La fleur du Pommier de Sodome est un calice à 5 lobes en forme d’étoile, de couleur blanche, aux extrémités pointues et de couleur violette. Le fruit de l’arbre est un follicule ovale et assez mou, dont la pulpe est épaisse et l’intérieur fibreux. Lorsqu’il est mûr, il mesure environ 10 cm, et est de couleur jaune-verte. Les fibres sont extrêmement solides et contiennent les graines du Pommier.

Alors même qu’il est toxique, le Pommier de Sodome est un arbre utile dans de nombreux domaines pour les peuples du Sahara et du Sahel. Les abeilles pondent dans les branches creuses et y fabriquent un miel foncé, au goût de pain d’épices. Les chèvres, et même les moutons, mangent les feuilles et fleurs desséchées (quand il n’y a plus de latex donc). La fibre du liber (couche située sous le liège de l’arbre) est extrêmement résistante et est utilisée pour la confection de cordages, filets de pêche, etc. tandis que les fibres du fruit sont utilisées comme bourre.

Le bois sert à la fabrication des huttes et des toits, et sert aussi à confectionner des flotteurs pour la pêche.

De plus, le Pommier de Sodome est doté de vertus médicinales multiples. Il est toujours utilisé à petite dose vu que toutes les parties de l’arbre sont toxiques.

Le latex contient de la calotropine : c’est donc un dangereux cardiotoxique. Il a été utilisé par le passé pour la confection de flèches empoisonnées ! Aujourd’hui, les nomades l’utilisent pour soigner les plaies des chameaux et débarrasser les animaux des tiques. Il est également utilisé comme antivomitif et antirhumatismal et pour lutter contre la teigne.

Tandis que les rameaux du Pommier de Sodome favorisent la digestion et permettent de traiter l’asthme, les feuilles ont des propriétés vermifuges, et sont utilisées contre la toux. L’écorce serait aphrodisiaque et permettrait de traiter la syphilis, les racines seraient diurétiques.

Flore et végétation du Sahara : fleurs du Pommier de Sodome
Flore et végétation du Sahara : fleurs du Pommier de Sodome

La Rose de Jéricho (Anastatica hierochuntica) sèche recroquevillée autour de ses graines pour les protéger du soleil et se déploie dès que l’eau l’affleure pour libérer ses graines afin qu’elles germent.

Elle peut être en dormance plusieurs dizaines années, en attendant que la pluie vienne ou qu’elle soit déplacée vers une source d’eau même minime. Privées de sève, les feuilles s’assombrissent et se courbent vers l’intérieur jusqu’à former une boule pouvant être déracinée. La plante perd ainsi 97% de sa masse. Cette légèreté lui permet d’être emporté par les vents du désert jusqu’à un point d’eau. La plante absorbe alors l’eau et reprend vie. En quelques instants elle redevient verte et semble de nouveau pleinement vivante !

La Rose de Jéricho est aussi appelée « la plante de la résurrection » (anastasis en grec signifie résurrection), et est citée dans la Bible. Elle aurait été bénie par Marie lors de la fuite de Nazareth vers l’Égypte et on l’associe souvent à la résurrection du Christ.

La Rose de Jéricho, dans son milieu naturel, est immortelle.

En Afrique du Nord et en Afrique saharienne et subsaharienne, elle est utilisée sous forme d’infusion ou après macération dans de l’eau car elle est réputée en médecine traditionnelle et en phytothérapie pour traiter diverses pathologies comme le paludisme, la toux, pour traiter les plaies, et les maux de dents, les rhumatismes et le diabète…

Un court reportage vidéo à regarder si vous vous intéressez à la Rose de Jéricho : parmi tous ces petits miracles de la nature…

Flore et végétation du Sahara : l'incroyable Rose de Jéricho
Flore et végétation du Sahara : l’incroyable Rose de Jéricho

L’alfa (Macrochloa tenacissima) est une plante herbacée (graminée) vivace originaire des zones arides et semi-arides du bassin méditerranéen. Elle est présente en Afrique du Nord, particulièrement en Tunisie, au Maroc et sur les plateaux algériens (Tassilis). Elle se présente sous forme de grandes touffes vivaces d’environ 1m à 1m50 de haut avec des épis très longs et très fins.

Bien que ce ne soit pas une plante originaire du Sahara, on la trouve dans le désert, dans des zones arides où le sol présente une petite humidité. Ses fibres sont précieuses pour la fabrication d’une pâte à papier de haute qualité et la fabrication de cordages. Ses feuilles sont utilisées pour confectionner des paniers et couffins, et ses graines germées sont consommées par les nomades du désert.

Dans le désert saharien, les nomades l’appellent l’herbe à chameaux, « sbat » en arabe tunisien, car elle fait le régal de leurs compagnons les chameaux ! En effet, les jeunes feuilles sont un excellent fourrage pour les chameaux (et les chevaux aussi)  mais elles sont trop riches en lignine (une sorte de colle localisée dans la paroi des cellules végétales) pour nourrir les autres herbivores : les chameaux sont ravis de ne partager avec personne d’autre ce festin ! L’alfa est une plante essentielle dans la lutte contre l’érosion dans les régions de steppes arides.

Flore et végétation du Sahara : l'Alfa, un festin pour les chameaux
Flore et végétation du Sahara : l’Alfa, un festin pour les chameaux

Et… magie du végétal : dès qu’une légère averse arrose le désert, une petite prairie temporaire se forme : on l’appelle l’acheb. Ainsi, en pleine zone saharienne, apparaît un écosystème désertique très précieux pour les nomades car il constitue un fabuleux pâturage pour les troupeaux (chameaux, chèvres, moutons).

Flore et végétation du Sahara : l'acheb après quelques gouttes de pluie dans le désert
Flore et végétation du Sahara : l’acheb après quelques gouttes de pluie dans le désert

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